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Category: WRITING

KRS-ONE PREACHES THE HIP-HOP GOSPEL

August 21st, 2010 — 9:57am

“[You might say,] “I don’t agree. Hip-hop is no more than a good piece of music, and that’s it.” You may be absolutely correct on that level. But, there are some of us over here who say that we are philosophers. We are nation builders.We are civilization builders. We’ve been preaching this nonsense for twenty-three years. It’s time to shup-up now, and put your money where you mouth is. The Gospel of Hip Hop forms the nation. And, let me tell you, this is a great revolution. It’s a silent one. It’s a bloodless one. It’s going to be the greatest revolution in all of world history, when hip-hop realizes that it is its own thing.[...] This is the first time that innercity youth, Black, have actually made money on their own creativity. This is a testament to the end of slavery. This is a testament to the United States. Even from a linguistic point of view, we’re making money on our own language for the first time. That word, “nigga”—that’s a very financially rewarding word to hip-hop. For us to stop saying that word cuts into our money.”

 

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Excerpt from the interview of KRS-One by Travis Atria in Wax Poetics Issue #41 (the hip-hop issue).

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ASSIS SUR DES BAÏONNETTES

July 5th, 2010 — 2:31am

Quelle étrange idée que de faire des plans pour le Grand Paris ! Le Grand Paris existe déjà, il est là sous nos yeux. Sa population s’élève à environ dix millions d’habitants, deux dedans et huit dehors. Ceux qui vivent dedans sont blancs pour la plupart, sauf dans les trois derniers arrondissements à deux chiffres, ceux du nord-est où l’on trouve à la fois des Blancs, des Arabes, des Noirs et des Chinois. Mis à part ces quartiers-là, la population qui vit au dedans a les moyens de le faire, c’est-à-dire de payer des loyers à quatre chiffres. Les boutiques y sont chères et de bon goût, les restaurants pleins et les touristes enchantés. La police est discrète et courtoise, la justice compréhensive, et l’on trouve là tout ce que le pays compte de mieux en matière de journalistes, d’artistes et de sociologues quand ils ne sont pas sur le terrain.

Ce terrain est souvent constitué par ceux du dehors. Ils sont séparés du dedans par une barrière dont les points de repère sont des portes. On reconnaît facilement ces portes car il en part des autobus qui ont deux chiffres vers le dedans et trois vers le dehors. Ceux-ci sont d’ailleurs de modèle plus ancien et ils ne roulent pas la nuit. Les gens du dehors travaillent souvent dedans, comme caissières, vigiles, ou préposés à des tâches comme le nettoiement, les chantiers et les livraisons. Pour passer de leur logement dehors – dans des quartiers qu’on appelle souvent « sensibles » sans qu’il soit jamais précisé en quoi consiste cette sensibilité – à leur travail dedans, ils transitent volontiers par la station Châtelet du RER, dont le centre est si animé qu’on lui a donné le nom de flipper. Ceux qui n’ont pas de travail (et ils sont nombreux, surtout parmi les Arabes et les Noirs qui comptent pour beaucoup dans la population du dehors) ont l’avantage d’éviter le flipper. Ils peuvent, comme les autres du reste, profiter de la présence de la police qui patrouille en armes et en rangs dans les quartiers ayant fait preuve à l’occasion d’une excessive sensibilité.

Certains pensent que la séparation dedans-dehors constitue un apartheid. Quoi qu’il en soit, on voit mal comment les grands gestes des architectes et urbanistes officiels pourront casser la barrière physique et politique qui coupe le dedans du dehors et faire du Grand Paris une ville pour tous ses habitants.


Quelle autre étrange idée que de demander que l’on négocie – que l’on retourne à la « table des négociations » – pour trouver une solution à ce qu’on persiste à appeler le « conflit » israélo-palestinien. Pourtant déjà là, sous nos yeux, depuis quarante-trois ans, entre le Jourdain et la mer il existe un État unique, avec un gouvernement, une administration, une armée, et une population qui, comme celle du Grand Paris, se monte à une dizaine de millions d’êtres humains. Si les choses ne vont pas bien dans cet État unique, c’est que cette population est divisée en deux groupes dont l’un a tous les droits et l’autre n’en a aucun. Ceux qui ont tous les droits habitent surtout l’ouest du pays, dans ce qui était l’État d’Israël avant la guerre de 1967. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux dans l’est, comme colons ou comme soldats, au-delà du mur de séparation qu’ils ont édifié pour se protéger des entreprises de ceux qui n’ont aucun droit. Pour eux, les juifs israéliens, la vie est tranquille et l’on s’accorde à dire que Tel Aviv est l’une des villes du monde où les fêtes sont les plus brillantes, les artistes les plus créatifs et la presse la plus libre.

Parmi ceux qui n’ont aucun droit – les Palestiniens – il y a ceux à qui la notion même de droit est refusée, les habitants de la bande de Gaza, soit plus d’un million d’êtres humains dans un rectangle de 30 km sur 10, entouré de barbelés sur trois côtés avec la mer pour quatrième. La plupart des autres Palestiniens vivent à l’est du mur de séparation. Ils ne peuvent ni se déplacer librement, ni aller vivre ailleurs, ni se marier avec n’importe qui, ni acheter des terres. Ils ont sur le dos l’Autorité palestinienne, organisation de supplétifs soutenue par ceux qui ont tous les droits, qui a pour mission de prévenir et réprimer tout mouvement sérieux de mécontentement.


Certains considèrent que la séparation entre ces deux groupes humains constitue un apartheid, mais des juristes sud-africains en visite ont expliqué que le terme ne convenait pas, car jamais le pouvoir blanc d’Afrique du Sud n’avait envoyé des avions pour bombarder Soweto. En tous cas, on ne voit pas comment la ronde des envoyés spéciaux américains pourrait permettre de transformer cet État unique en État de tous ses citoyens, libres et égaux en droits.


À Paris comme en Palestine, ce qui prévaut, c’est un déni de réalité. Ceux qui sont aux bonnes places cherchent à maintenir le statu quo. Pour prouver le contraire – leur volonté que les choses changent – ils se servent d’architectes ici et de diplomates là-bas. Mais ils devraient se souvenir que la réalité déniée finit toujours par se venger et que, comme disait Talleyrand, « on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ».


Eric Hazan

Texte paru dans Politis le jeudi 20 mai 2010

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LUCA’S LIEU-TENANTS*

June 5th, 2010 — 8:27am

Hors-texte: (in place of a missing drawing)

The situation as follows:


Every collage is a flower. Every flower is (a temple of) the sun.


i.e., (at the) year (Mountains) of (Madness) the grasshopper.


Lygia Clark: “I became obsessed with the idea that my hands were not my own, that they belonged to the earth, and that the less they were mine, the more likely it was that we would be healed—”


Wild cherries, cinnamon, vanilla, and sherry.

Wintergreen, lavender, banana.

Lollipop spirals, feathers, flowers, hair.


Decade or season or forty years of the locust.


Hours like days. Days like years. I want to remain changeless for you.


“His work is a constant negation of impulses,” said a critic who has known him a long time. “Wouldn’t you say so, Jasper?”

“No,” Johns said, and laughed.








*tenant lieu de / lieu-tenance


Text by David Lewis written on the occasion of Luca Frei exhibition at BaliceHertling, Paris.

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“JA—COB! JA—COB!” ARCHER SHOUTED.

March 28th, 2010 — 2:48pm

The voice had an extraordinary sadness. Pure from all body, pure from all passion, going out into the world, solitary, unanswered, breaking against rocks—so it sounded.

 

Excerpt from Jacob’s Room by Virginia Woolf (first published at the Hogarth Press on 27 October 1922)

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FAIRE MOUVEMENT

March 9th, 2010 — 12:26am

“Marquer les liens, tracer des chemins de traverse, rassembler ce qui est toujours mis à part, c’est un effort pour donner à voir ce que “les autoroutes de l’information” rendent invisible.”


Extrait de “Faire mouvement” entretiens de Eric Hazan avec Mathieu Potte-Bonneville (Les Prairies ordinaires, 2005)

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